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La naissance des brigades mobiles

 

La Police Judiciaire est née à la Belle Epoque, sous la IIIème République, de la volonté de Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de l'Intérieur d'alors, de doter la France d'une « police chargée de seconder l'autorité judiciaire dans la répression des crimes et des délits ».

 

L'hexagone est, dans cette période, en proie à une grandissante insécurité dont tous les journaux se font largement l'écho, non sans quelques arrière-pensées politiques. Les « Apaches » parisiens, les « travailleurs de la nuit » dans les campagnes, sèment en effet le trouble à grande échelle et montrent l'incapacité de l'Etat à leur opposer des forces de sécurité en nombre et compétence suffisants. Les polices municipales morcelées et peu ou pas formées à la lutte contre les criminels d'envergure, les brigades de gendarmerie pauvres en hommes et en moyens se montrent totalement dépassées par l'émergence de bandes organisées de malfaiteurs opérant à main armée sur plusieurs départements.

 

Ainsi en est-il des quelques soixante « bandits d'Hazebrouck » commandés par le « capitaine » Abel Pollet, qui attaquent et pillent à partir de 1904 les fermes et les bourgs du nord de la France. Ainsi en est-il également des « chauffeurs de la Drôme » qui, entre 1905 et 1908, torturent, assassinent et volent dix-huit personnes âgées vivant dans des maisons isolées. A cela s'ajoute encore la « Caravane à Pépère », une troupe forte d'une centaine de malfrats et de bagnards en rupture de ban que dirige un nommé Capello et qui traverse en 1906 la Touraine et les Charentes en perpétrant vols et escroqueries.

 

Le Rôle de Clemenceau

  clem

 

Face à cette nouvelle montée du banditisme, la police est mal préparée. Elle est divisée en cantons. Il n'y a pas de police nationale. Les charges administratives sont lourdes.

Clemenceau décide qu'il faut faire un effort financier pour la police. Clemenceau obtiendra des députés la création du ministère de la police. Cinq cents policiers mobiles sont recrutés. Il faut savoir que les députés de l'extrême gauche ont apposé leurs refus. En un an plus de 2 500 arrestations sont menées. Cette police trace les prémices d'Interpol par le truchement des coopérations internationales. Avec le temps leurs fonctions prend de l'ampleur par la création de fichiers. Des dossiers sont mis en place avec les balbutiements de la police de renseignements généraux.

 

Le « Tigre », sur les conseils de Célestin Hennion, son directeur de la Sûreté Générale, fonde en 1907, par deux textes réglementaires, les structures qui donneront naissance à la Police Judiciaire d'aujourd'hui. Il s'agit d'abord de l'arrêté ministériel du 6 mars 1907 qui crée un Contrôle Général des Services de Recherches Judiciaires placé sous le commandement du commissaire Jules Sébille qui peut être considéré comme le premier « patron » de la Police Judiciaire française. Il s'agit ensuite du décret du 30 décembre 1907 qui instaure douze brigades régionales de police mobile, les fameuses « brigades du Tigre » chargées de combattre le crime organisé sur tout l'hexagone.

 

 

Ces brigades  sont implantées à Paris (1ère), Lille (2ème), Caen (3ème), Nantes (4ème), Tours (5ème), Limoges (6ème), Bordeaux (7ème), Toulouse (8ème), Marseille (9ème), Lyon (10ème), Dijon (11ème) et Châlons-sur-Marne (12ème).

 

Les moyens des brigades

 

Les brigades mobiles étaient composées d'hommes entraînés à différentes techniques de combats, dont la sacate (ancêtre de la boxe française) et la canne.

 

boxbrigtigr.jpg

 

Ce corps de police spéciale est aussi le premier du monde à mettre en pratique contre le crime toutes les ressources de la science moderne. Ainsi, outre leur bonne condition physique, les « hommes du Tigre », comme on les appelle, bénéficiaient des dernières méthodes d'investigations techniques et de la modernisation du fichage des criminels (fiches anthropométriques avec empreintes digitales) issues des travaux d'Alphonse Bertillon.

Ce fichier avait été réorganisé comme premier Fichier central du grand banditisme par Célestin Hennion, quelques mois avant la création des brigades mobiles.

Cette nouvelle police d'élite disposait de tous les moyens modernes pour atteindre leurs objectifs : télégraphes, téléphones, et bientôt automobiles ( De Dion-Bouton et Panhard & levassor dès 1910).

 

La circulaire de Clemenceau du 4 avril 1908 qui précise « En procédant [à la création de ces brigades], le Gouvernement a pour but unique de doter notre pays d'un organisme devenu indispensable à la préservation sociale. Il a voulu faire rechercher et poursuivre par des agents expérimentés se déplaçant rapidement, investis d'une compétence étendue, les malfaiteurs de toutes catégories auxquels l'extension et le perfectionnement des moyens de communication offrent de jour en jour des facilités plus grandes d'évasion et que trop souvent ne peuvent atteindre les polices locales, indépendantes les unes des autres, sans contact de commune à commune, enfermées dans d'étroites et infranchissables juridictions ».

 

Les brigades mobiles verront leur nombre s'accroître rapidement. Un décret du 31 août 1911 le porte à quinze. Sont alors créées les brigades de Rennes (13ème), Montpellier (14ème) et Nancy (15ème). Dans le même temps, les brigades d'Angers (4ème), Orléans(5ème), Clermont-Ferrand (6ème) et Reims (12ème) remplacent respectivement celles de Nantes, Tours, Limoges et Châlons. On les trouvera impliquées dans plusieurs affaires célèbres du moment telles la traque de la « Bande à Bonnot » (1912) ou encore l'enquête sur le meurtre de l'industriel breton Louis Cadiou (1913).

 

En quelques mois, elles vont obtenir des résultats particulièrement significatifs. Leur premier bilan officiel, publié dans le Temps du 21 février 1909, fait état de 2695 arrestations dont celles de 65 meurtriers, 7 violeurs, 10 faux-monnayeurs, 283 escrocs et 193 cambrioleurs ou voleurs à main armée.

 

 

 

 

Sources: Wikipédia, et site du Ministère de l'intérieur

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