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Bertillon, Alphonse (1853-1914), criminologiste français, a inventé une méthode scientifique appelée « bertillonage » ou « anthropométrie judiciaire », permettant l'identification des délinquants d'après leurs mesures anthropométriques.

C’est un modeste fonctionnaire, d’abord simple employé chargé de classer et trier les dossiers établis par les services de la préfecture de Police de Paris, pour répertorier les criminels notoires.

Il est nommé chef du service photographique de la préfecture.


L'anthropométrie est une technique d'identification par mesure du corps humain et de ses parties Surnommée le Bertillonage, elle fut crée en 1879 par Alphonse Bertillon (1853-1914) : entré comme commis de bureau auxiliaire à la Préfecture de police de Paris, il mit au point un système de mensurations et de classification pour identifier des victimes ou des criminels. Mis en oeuvre à partir de 1882 en France, il fut adopté en 1887 et généralisé dans la plupart des pays. Bertillon notait jour après jour les renseignements signalétiques des malfaiteurs que lui dictaient lesinspecteurs de la Sûreté sur des fiches, quand il se rendit compte qu'ils étaient sans valeur parce que trop vagues. Il ajouta alors des données telles que la taille, la circonférence des crânes, la longueur des membres (envergure des pieds, des bras, des mains, des oreilles …), le tour de poitrine, ainsi que des remarques inhabituelles telles que des cicatrices.

Ensuite, Bertillon classait ses fiches de manière pyramidale : "Trois gros paquets contenaient d'abord les fiches triées en fonction de la taille du crâne. Dans chacun de ces paquets, une autre mensuration, celle de la largeur du crâne, permettait d'éliminer un certain nombre de cartes. Une troisième mesure aboutissait à une sélection encore plus fine. Et ainsi de suite".


(--->Cliquer sur l'image pour la visualiser en taille réelle)



Cette technique porta ses fruits, puisqu'il réussit à "mettre la main sur trois cents repris de justice pour la seule année 1884". Il fut nommé chef du service de l'identité judiciaire de la Préfecture de police en 1893, où il contribua à faire progresser les techniques policières, exigeant notamment le relevé des indices sur le lieu du délit.


Bertillon découvre qu’en prenant quatorze mensurations (parmi lesquels la taille, la longueur et la largeur de la tête, la hauteur du buste, la largeur et la longueur de l’oreille droite… etc.) sur n’importe quel individu, il n’y a seulement qu’une chance sur deux cent quatre vingt six millions pour qu’on retrouve les mêmes chez une autre personne. La concordance de ces mesures donne une identification quasi-absolue et permet de confondre les récidivistes (qui ne sont plus marqués au fer rouge depuis 1832), quels que soient les noms sous lesquels ils avaient été classés.

Par la suite, il propose, en tant que chef du service de l’Identité Judiciaire, d’avoir recours à la photographie d’identité judiciaire (donnant pour chaque prévenu trois vues – face, profil, trois-quart) des détenus pour améliorer leur identification.





Il invente également le signalement descriptif ou " portrait parlé ", description analytique des caractères du visage. Le portrait parlé est complété par le recensement des signes particuliers persistants et immuables tels que cicatrices, tatouages… Il utilisera par la suite le procédé de la dactyloscopie, fondé sur le relevé d’empreintes digitales sur des surfaces lisses.

En 1870, il fonde le premier laboratoire de Police scientifique d’identification criminelle et invente l’anthropométrie judiciaire qui a prit le nom de Bertillonnage ou système Bertillon. Ce système d’identification est rapidement adopté dans toute l’Europe continentale, puis ensuite, à Londres et à New York. Il sera utilisé jusqu’en 1970.
Le matériel spécialisé adéquat est alors utilisé dans tous les établissements pénitentiaires : une table, un tabouret, une toise, un compas de proportion, une tablette et un encreur pour prise d’empreintes digitales. La paternité de ce système lui fut longtemps contestée, mais il est indéniable qu’il est à l’origine de son développement et de son application.



 

Bertillon qui n’ignorait pas les recherches et les progrès de la dactyloscopie et avait bien perçu l’intérêt des traces papillaires laissées par un criminel, manifestait à l’égard des empreintes digitales les mêmes réticences que celles qui avaient accueilli l’utilisation de l’anthropométrie à ses débuts. En 1893, il écrivait : « les dessins papillaires ne présentent pas des éléments de variabilité suffisamment décisifs pour servir de base à un répertoire de plusieurs centaines de milliers de cas » (Cité par E. Locard, « L’histoire des empreintes digitales », Tribune des commissaires de police, décembre 1950). Cependant, l’année suivante, après que Galton et Lacassagne lui eurent vanté les mérites des empreintes digitales, il décida d’adjoindre celles de quatre doigts de la main droite à sa fiche signalétique tout en émettant toujours de grandes réserves sur la possibilité de trier et classer des fiches purement dactyloscopiques. Peu à peu cependant il dut céder du terrain : en 1901, il ajouta l’index de la main gauche et, en 1904, le service de l’identité judiciaire de la préfecture de police adoptait le principe de la fiche décadactylaire (les dix doigts).

 

La technique de Bertillon avait également ses limites, comme le montre l'affaire Dreyfus, dans laquelle Bertillon prétendit, "pour expliquer les différences graphologiques, que le capitaine Dreyfus, pour camoufler sa culpabilité, avait volontairement contrefait son écriture sur le document avec lequel on l'incriminait !".

Cette affaire ainsi que l'apparition d'une nouvelle technique d'identification par les empreintes génétiques sonnèrent la fin de sa prestigieuse carrière et l'enfoncement de l'anthropométrie dans l'oubli.


L'affaire Scheffer



Le 16 octobre 1902, 107 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris, on découvrit, dans l’appartement d’un dentiste, le corps de son domestique assassiné. Le vol semblait à l’origine du meurtre. De nombreuses empreintes papillaires sur la vitrine d’un médailler fracturé attirèrent l’attention des enquêteurs de l’Identité judiciaire. Les empreintes se présentaient pouce d’un côté de la vitre et trois autres doigts sur la face opposée, prouvant que leur propriétaire avait enlevé les débris de vitre après la fracture. Ce détail essentiel pour l’enquête présentait une difficulté technique - celle de distinguer des empreintes superposées -, mais aussi une caractéristique qui facilita énormément leur identification, Bertillon disposait ainsi des dessins phalangettiques de quatre doigts successifs de la main droite : les seuls qu’il avait reportés sur sa « fiche parisienne » à laquelle il n’avait que tardivement et à contre cœur ajouté des empreintes digitales (un puis quatre puis cinq doigts) aux mesures anthropométriques, à la colorimétrie des iris et au relevé des marques particulières (cicatrices, grains de beauté...). Servi par la chance Bertillon - qui ne dispose alors que d’un nombre limité d’empreintes, sans aucun classement dactyloscopique - réussit à identifier celles du médailler fracturé comme étant celles d’un certain Henri-Léon Scheffer, né en 1876, arrêté et fiché quelques mois plus tôt, le 9 mars 1902. Dans son rapport au juge d’instruction, daté du 24 octobre, il démontra la similitude des empreintes trouvées sur le médailler et celles de Scheffer : c’était la première fois qu’un assassin fut identifié, convaincu de meurtre et condamné à l’aide de ses seules empreintes.
L’événement sera présenté dans la légende dorée de la police technique et scientifique comme la « première identification au monde », au moyen des « seules empreintes digitales », d’un criminel sur l’identité duquel on n’avait aucune idée et « sur lequel ne pesait aucun soupçon ».


 



 

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